aliénation parentale, international, lobby masculiniste, violences conjugales, violences post-séparation

World Health Organization removes parental alienation from its classification index

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Update of September 20, 2020: since September 2020, the withdrawal of any mention of parental alienation from the International Classification of Diseases (ICD-11) is validated. Indeed, the official version, blue, has just been updated, and no longer makes any reference to this term, as shown in this screenshot.

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Original article :

On 15 February 2020, the WHO declared that it had removed this pseudo-scientific concept from its index and classification (temporary version, orange).

The Italian members of the Facebook group PAS: informazioni e disinformazione were the first to spread the information. They spotted a comment from a WHO team, Team3 WHO, on the page of the Classification devoted to Psychological maltreatment, in response to a remark reminding that parental alienation has no scientific basis.

Team3 WHO declares:

Parental alienation has been removed from the ICD-11 classification as it is a judicial term and issue. Its inclusion for coding purposes in the ICD-11 will not contribute to valid or meaningful health statistics.

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Indeed, when we search, after logging on the site, for the parental expression alienation in the Classification, or when we consult the Caregiver-child relationship problem entry, the expression no longer appears.

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This information is an opportunity to review recent events.

In November 2019, William Bernet, President of the Parental Alienation Study Group, one of the most motivated promoters of parental alienation, reported in a newsletter, translated and distributed in France by ACALPA, on the positioning of the WHO’s Medical and Scientific Advisory Committee (MSAC). This Advisory Committee reminded us of what we already knew: the presence of a notion in the index of the Classification does not imply official recognition by the WHO. A definition of parental alienation, in the index entry only, has appeared in the meantime, which could have led to a future recognition of this pseudo-theory by the WHO.

On 29 October 2019, the discussions seemed to be closed and the lack of a clear position from WHO was causing confusion. Indeed, the mere presence of this notion, wherever it is in the Classification, would favour its instrumentalization by its promoters and its use by violent men in family courts, as recalled in the Collective Memo of Concern to: World Health Organization about « Parental Alienation ».

We invite any person, activist, journalist, researcher to disseminate this information and to ask those who persist in claiming that WHO has recognized parental alienation to publish a correction. We also urge legislators to be careful not to insert into the law concepts that have no scientific basis.

Le Réseau International des Mères en Lutte
International Network of Activist Mothers
Updated the September 20, 2020

aliénation parentale, international, lobby masculiniste, violences conjugales, violences post-séparation

L’Organisation Mondiale de la Santé supprime l’aliénation parentale de l’index de sa classification

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Mise à jour du 20 septembre 2020 : depuis septembre 2020, le retrait de toute mention de l’aliénation parentale de la Classification Internationale des Maladies (CIM-11) est validé. En effet, la version officielle, bleue, vient d’être mise à jour, et ne fait plus du tout référence à ce terme, comme le montre cette capture d’écran.

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Article original :

Dans un précédent article nous clarifions la position de l’Organisation Mondiale de la Santé : « non, l’Organisation Mondiale de la Santé n’a pas reconnu l’aliénation parentale« . L’expression était seulement présente dans l’index de sa Classification Internationale des Maladies 11 (CIM ou ICD-11).

Le 15 février 2020, l’OMS déclare avoir supprimé de son index et de sa classification (version provisoire, orange) cette notion pseudo-scientifique.

Ce sont les italiennes du groupe Facebook PAS: informazioni e disinformazione qui sont les premières à avoir diffusé l’information. Elles ont repéré un commentaire d’une équipe de l’OMS, Team3 WHO, sur la page de la Classification consacrée à la maltraitance psychologique (Psychological maltreatment), en réponse à une remarque rappelant que l’aliénation parentale n’avait pas de fondements scientifiques.

Team3 WHO déclare ainsi  :

L’aliénation parentale a été retirée de la classification de la CIM-11 car il s’agit d’un terme et d’une question d’ordre juridique. Son inclusion à des fins de codification dans la CIM-11 ne contribuera pas à l’établissement de statistiques sanitaires valables ou significatives.

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En effet, lorsque nous recherchons, après connexion sur le site, l’expression parental alienation dans la Classification, ou bien lorsque nous consultons l’entrée Caregiver-child relationship problem, l’expression n’apparaît plus.

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Cette information est l’occasion de revenir sur les évènements récents.

Suite à l’indexation de la notion par l’OMS, ses partisan.e.s ont bien évidemment lancé aussitôt une campagne de désinformation. En août 2019, en France, suite à notre demande, le journal La Voix du Nord publiait un article rectifiant ces désinformations et rappelant que l’OMS n’avait pas reconnu l’aliénation parentale.

Puis en novembre 2019, William Bernet, président du Parental Alienation Study Group, l’un des promoteurs les plus motivés de l’aliénation parentale, faisait état dans une newsletter, traduite et diffusée en France par l’ACALPA, du positionnement du Comité Consultatif Médical et Scientifique (MSAC) de l’OMS. Ce Comité Consultatif rappelait notamment ce que nous savions déjà : la présence d’une notion dans l’index de la Classification n’implique pas de reconnaissance officielle de la part de l’OMS. Une définition de l’aliénation parentale, dans l’entrée d’index uniquement, est apparue entre temps, ce qui aurait pu laisser croire à une prochaine reconnaissance de cette pseudo-théorie par l’OMS.

Le 29 octobre 2019, les discussions semblaient closes et l’absence de prise de position claire de la part de l’OMS entretenait la confusion. En effet la simple présence de cette notion, où qu’elle soit dans la Classification, favoriserait son instrumentalisation par ses promoteurs et son usage par des hommes violents dans les tribunaux de la famille, comme rappelé dans le Collective Memo of Concern to: World Health Organization about « Parental Alienation ».

Nous invitons  toute personne, militant.e, journaliste, chercheur.e à diffuser cette information et à demander aux personnes qui persistent à affirmer que l’OMS a reconnu l’aliénation parentale de publier un correctif. Nous invitons également les législateur.ice.s à veiller à ne pas insérer dans la loi des notions sans fondements scientifiques.

Le Réseau International des Mères en Lutte
Article mis à jour le 20 septembre 2020

aliénation parentale, contrôle coercitif, enfants victimes, violences conjugales

Mise en garde contre l’usage de l’ « aliénation parentale » en Espagne et au Canada

Consejo

Des travailleuses et travailleurs socio-judiciaires, en Espagne et au Canada, se sont positionné.e.s clairement, en janvier et février 2020, contre l’usage du « Syndrome d’Aliénation Parentale ».

  • En Espagne, El Consejo General del Trabajo Social publie le 27 janvier 2020 une note d’information (un décalogue) au sujet de l’usage du « Syndrome d’Aliénation Parentale ».

El Conjejo Genral del Trabajo Social est l’organe de représentation, de coordination et d’exécution de 36 collèges officiels du travail social en Espagne, qui comptent près de 40 000 membres. Il est chargé, entre autres, de réglementer l’exercice professionnel des travailleuses et travailleurs  sociaux, d’assurer le prestige de la profession et d’exiger des associations du travail social et de leurs membres qu’illes respectent leurs obligations déontologiques.

Conformément à la demande de la Résolution Européenne 2016/2575 (RSP), concernant le rôle des Services Sociaux dans la protection des mineurs, El Consejo General del Trabajo Social a fait une déclaration officielle sur le « Syndrome d’Aliénation Parentale » (SAP).

Dans la note d’information du 27 janvier 2020 cette organisme décrit le SAP comme un « faux syndrome » qui « a l’apparence d’être scientifique, mais ne l’est pas ». Il dénonce par ailleurs son « application aveugle » qui entraîne de « graves conséquences » dans des décisions portant sur la résidence des enfants. Les accusations implicites sont également prises en compte et dénoncées dans ce décalogue (aliénation parentale, inquiétude morbide, instrumentalisation des mineurs dans des contextes de conflit parental, conflits parentaux, manipulation du parent, etc…).

  • À Madrid, toujours en Espagne, des expert.e.s dans les domaines de la justice, de la psychologie et des droits de l’enfant ont appelé à leur tour le 7 février 2020 à mettre fin à l’utilisation du « Syndrome d’aliénation parentale » pour déterminer la garde des mineurs.

C’est l’une des  principales conclusions de la Journée d’analyse multidisciplinaire du syndrome dit d’ « aliénation parentale », organisée par l’Association des femmes juges d’Espagne, en collaboration avec l’Institut de la Femme et qui s’est tenue à Madrid. Cette conférence, qui est en ligne, a montré qu’aucune société ou association scientifique ne reconnaît l’existence du « Syndrome d’Aliénation Parentale ». Il est pourtant encore principalement utilisé pour retirer la résidence des enfants aux mères parce que l’on considère qu’elles manipulent les enfants. Les expert.e.s demandent de renverser ces situations avec une formation spécifique pour les actrices et acteurs judiciaires et médico-légaux. [maj : 17 mars 2010 : les conclusions de cette conférence sont accessibles en ligne]

 

  • Au Canada, l’ Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF), un regroupement d’organismes ontariens, féministes et francophones qui travaillent à défaire l’oppression vécue par les femmes, met en ligne le 24 janvier 2020 un communiqué de presse particulièrement argumenté.

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En effet, cet organisme constate que, depuis plusieurs années, l’usage de cette pseudo-théorie préoccupait les féministes et les intervenantes de maisons d’hébergement pour femmes et enfants, aux prises avec la violence conjugale.

Aussi, prenant en considération les impacts importants que ce concept provoquait sur la sécurité des femmes et enfants, l’ AOcVF, aux côtés de chercheuses et d’intervenantes, a souhaité dénoncer très clairement  l’utilisation de l’ « aliénation parentale » par le secteur social et judiciaire.

La méconnaissance des violences après la séparation et la mobilisation de notions floues sans fondement scientifique favorisent la confusion.

L ‘AOcVF  souligne ainsi :

On remarque aussi que le terme aliénation parentale est parfois utilisé pour décrire les comportements de l’ex-conjoint violent. En effet, dans un contexte de séparation, celui-ci aura fréquemment recours au dénigrement de la mère ou à la manipulation de l’enfant (Rinfret-Raynor, 2008). Ces comportements peuvent être compris comme étant des comportements d’aliénation parentale. Ainsi, le concept est aussi utilisé par des intervenantes de maisons d’hébergement pour expliquer les comportements du père. Cependant, dans cette situation précise de violences conjugales, il vaudrait mieux mobiliser la notion du contrôle coercitif. Le concept de contrôle coercitif, développé par Evan Stark (2007), fournit des pistes de compréhension plus approfondies des schémas de comportements de violence et de leurs impacts, notamment sur les enfants. Il offre une approche de compréhension du vécu de l’enfant aux prises avec la violence conjugale et permet ainsi de mieux réfléchir à des pistes d’intervention centrées sur sa sécurité et son bien-être en contexte post-séparation.

L’Action ontarienne contre les violences faites aux femmes,  en conclusion de son communiqué de presse, auquel nous adhérons étant donné nos formations et nos prises de position,  invite à une meilleure compréhension de la violence conjugale, notamment après la séparation :

Il est donc nécessaire de continuer à se mobiliser pour que la notion d’aliénation parentale ne soit plus utilisée par les intervenants sociaux et judiciaires au détriment des femmes et des enfants aux prises avec la violence conjugale. Il est aussi nécessaire qu’ils comprennent mieux le phénomène de la violence post-séparation et du contrôle coercitif pour mieux assurer la sécurité des femmes et des enfants.

Le Réseau International des Mères en Lutte